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DROIT / JUSTICE

Mardi 22 juillet 2008 2 22 /07 /2008 17:50
MESSAGE DE MARINE AMIE DES VICTIMES

O
n comprend qu'ils ne veuillent pas donner leurs noms. On les nommera donc Pierre et Martin. Vendredi soir, les deux jeunes hommes se rendaient au tout nouvel appartement de l'un d'eux, dans le quartier de Vouilloux (rue Cancellieri).
Pierre n'emménageait pas vraiment, tout juste venait-il y déposer un téléviseur et une valise. Martin était venu l'aider, le conduisant à bord de sa vieille Peugeot 309, «c'est vrai, un peu en bout de course.» Une copine venue les soutenir précise tout de même : «N'exagérons rien, ce n'est pas un camion, non plus !» Il était 23h30 et l'un des futurs voisins, à l'oreille visiblement plus sensible au bruit de la 309 qu'aux voitures sonorisées d'enceintes à faire pâlir de jalousie ACDC, s'en est pris vivement aux deux, en venant rapidement aux insultes, puis aux mains. «Il a commencé à nous insulter en criant suffisamment fort pour attirer d'autres personnes.» En quelques minutes, une quinzaine de voisins s'en prenaient au jeune couple, agrémentant leurs insultes de propos nettement homophobes, selon les deux victimes.

Écoeurés, révoltés et humiliés

«Ils ont commencé à nous bousculer, puis à nous frapper. Une fois à terre, ils nous ont roués de coups de poings et de pieds.» Seul un couple de personnes âgées a tenté de s'interposer entre les agresseurs et les deux jeunes hommes, mais en vain. D'autres ont visiblement pris le temps d'appeler les gendarmes. «Nous ne les avons pas attendus. Dès qu'on a pu, on a pris la fuite», explique Martin. Après s'être nettoyé dans la fontaine de la place Charles-Albert, les deux se sont rendus aux urgences de l'hôpital de Sallanches. Pierre, le plus amoché des deux, héritait d'un arrêt de travail de trente jours, son compagnon de cinq jours. «Nous sommes à la fois écoeurés et révoltés. Ils nous ont humiliés et menacés de recommencer si on emménageait dans "leur" immeuble.»
Pour Pierre, ce n'est visiblement pas la première fois qu'on fait état de son homosexualité en public, dans la rue. Une quinzaine de jours en arrière, lui qui n'affiche pourtant pas ostensiblement ses préférences, a été suivi par une douzaine de personnes dans les rues de Sallanches qui l'insultaient copieusement.
Hier, les deux jeunes gens ont déposé une plainte en gendarmerie. Quant à Pierre, il doit se contenter de loger chez des amis, craignant de retourner dans son appartement, à Vouilloux
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Par LGBT LA CLEF DES RÊVES (Haute-savoie,Savoi - Publié dans : PRESSE
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