«Ils ont commencé à nous bousculer,
puis à nous frapper. Une fois à terre, ils nous ont roués de coups de poings et de
pieds.» Seul un couple de personnes âgées a tenté de s'interposer entre les agresseurs et les deux jeunes hommes, mais en vain. D'autres ont visiblement pris le temps d'appeler les gendarmes.
«Nous ne les avons pas attendus. Dès qu'on a pu, on a pris la fuite», explique Martin. Après s'être nettoyé dans la fontaine de la place Charles-Albert, les deux se sont rendus aux urgences de
l'hôpital de Sallanches. Pierre, le plus amoché des deux, héritait d'un arrêt de travail de trente jours, son compagnon de cinq jours. «Nous sommes à la fois écoeurés et révoltés. Ils nous ont
humiliés et menacés de recommencer si on emménageait dans "leur" immeuble.»
Pour Pierre, ce n'est visiblement pas la première fois qu'on fait état de son homosexualité en public, dans la rue. Une quinzaine de jours en arrière, lui qui n'affiche pourtant pas
ostensiblement ses préférences, a été suivi par une douzaine de personnes dans les rues de Sallanches qui l'insultaient copieusement.
Hier, les deux jeunes gens ont déposé une plainte en gendarmerie. Quant à Pierre, il doit se contenter de loger chez des amis, craignant de retourner dans son appartement, à
Vouilloux.