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DROIT / JUSTICE

Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /2009 19:24

Deux jeunes gens de 20 ans, Julien et Frédéric, comparaissent depuis jeudi devant la cour d'assises des mineurs de Meurthe-et-Moselle pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, avec préméditation, en réunion, et en raison de l'orientation sexuelle de la victime".

Ils sont accusés d'avoir poussé dans un canal de Nancy Jean-Pierre Humblot, dit "Jeannot", 63 ans, qui s'est noyé alors qu'ils circulaient à mobylette le 1er août 2003 vers 23h. Malgré les appels à l'aide de cet homme qui ne savait pas nager, ils l'auraient abandonné. La justice a retenu le caractère homophobe de ce crime.

Les accusés, alors âgés de 16 ans, doivent aussi répondre au cours de leur procès qui se tient à huis clos de "violences sans incapacité, avec préméditation, en réunion et en raison de l'orientation sexuelle" de trois victimes qui ont porté plainte après le drame.

Les deux jeunes gens encourent 20 ans de réclusion criminelle, la moitié, si l'excuse de minorité leur est reconnue. Ils comparaissent libres après avoir effectué quelques mois de détention provisoire.

La soeur de Jean-Pierre Humblot et la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen sont parties civiles.

L'avocat des accusés, Paul Kéré a confié que "les jeunes avaient exprimé des regrets", ajoutant qu'"à cette époque, en plein mal-être, ils n'avaient mesuré la gravité de leur geste que lorsqu'ils ont été conduits devant le juge".

Les audiences du procès doivent durer jusqu'à lundi.

Le soir du 1er août 2003, le voisin de palier de Jean-Pierre Humblot l'avait vu partir, comme d'habitude dans une tenue quelque peu excentrique, short rouge, chemise à pois, lunettes rouges et perruque sur la tête. Ce témoin lui avait déjà conseillé de ne pas sortir, la nuit. Il avait déjà vu une bande d'adolescents lui courir après notamment pour lui soutirer de l'argent et l'importuner.

A 23h, le central des pompiers de Nancy recevait un appel anonyme précis signalant que "quelque chose était tombé à l'eau dans le canal, près du site Alstom, près du viaduc". Le corps de l'ancien restaurateur était repêché.

La voix n'avait pas été identifiée mais un témoin avait déclaré devant les policiers du SRPJ de Nancy que "deux gars avaient poussé un autre dans l'eau". En outre, les deux accusés s'étaient vantés de leur geste alors qu'ils n'en connaissaient pas les conséquences dramatiques.

Ces lieux tranquilles étaient fréquentés par des homosexuels. Cela se savait, et au mois de juillet les policiers avaient reçu plusieurs plaintes pour vols, à défaut de violences.

D'autres jeunes, âgés de moins de 16 ans alors, seront jugés ultérieurement, pour violences, devant le tribunal pour enfants. AP

Par LGBT LA CLEF DES RÊVES (Haute-savoie,Savoie) - Publié dans : Actualité LGBT
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