Jérémy avait été agressé par deux jeunes hommes de
21 et 22 ans dans la nuit du mercredi 31 octobre au jeudi 1er novembre 2007 et s'en était sorti avec 8 jours d’Incapacité Temporaire de Travail suite à ses blessures.
Dans son dépôt de plainte, Jérémy avait rapporté les propos homophobes ("Sales pédés, sales tarlouzes, on vous aime pas, on va vous faire la fête") qui avaient précédé l’agression et qui avaient
été attestés par le principal témoin des faits.
Pourtant, depuis 2 ans, le parquet de Lyon refusait de reconnaître le caractère homophobe de l'agression dont il avait été la victime.
La 12ème Chambre Correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Lyon, quant à elle, ne s’y est pas trompé.
Dans sa décision rendue hier, le Tribunal Correctionnel de Lyon a requalifié les faits et a reconnu l’homophobie comme circonstance aggravante. Le Président s’est désolidarisé du parquet de Lyon
et allé à l’encontre de l’avis du Procureure de la République.
Antoine et Dalil ont été reconnus coupables de "violences volontaires en réunion en raison de l’orientation sexuelle de la victime". Ils sont condamnés à 8 mois de prison avec sursis, contre 6
mois requis par la Procureure de la République et à verser 2.500 euros de dommages et intérêt à la victime et 2.000 euros de frais d'avocat.
La Lesbian and Gay Pride de Lyon, quant à elle, a été reconnue partie civile. Elle obtient 1.000 euros de dommages et intérêt.
La victime et la Lesbian and Gay Pride de Lyon saluent cette condamnation qu’elles accueillent "avec soulagement et satisfaction".
Pour eux, "le tribunal ne s’est pas laissé influencer par la mansuétude et le laxisme du parquet de Lyon".
"Nous considérons qu’il s’agit d’un désaveu, d’un camouflet, d’une claque infligé au Parquet", estiment-ils.
Et c'est pourquoi la Lesbian and Gay Pride de Lyon a décidé de saisir la ministre de la Justice et la Halde de l'attitude du parquet lyonnais.